Poésie surréaliste NotesMat15

• •

Comme Bukowski

Comme Bukowski dans sa tombe, elle dormait en position fœtale près de la vieille malle où des scénarios ne racontaient que des mensonges qu’on avait oublié d’omettre ; et puis il y avait aussi dans cette malle en osier les costumes de son père et de sa mère qui semblaient étrangement n’avoir été porté qu’au soleil couchant automnal. Entrelacés ainsi, ils côtoyaient aussi un bazar ahurissant de gravats, de vieux sacs en jute, certains suffisamment déchirés pour qu’on puisse voir un mélange délirant de poupées aux yeux mi-clos ou arrachés… et des cédéroms de Lords of the New Church, des Clash, des vinyles d’Uk Subs, des Kambrones, des Rats, et des Thugs, des Dogs ainsi que de cet inconnu de Warum Joe et de la compilation Screamin’ de Jay Hawkins…
Le lendemain matin, avant d’aller dans son jardin d’hiver, elle enfila un survêtement et se rendit sur le champ pour s’arranger à faire disparaître les vieilles poulies traînant par tout et qui avaient servi à faire monter et descendre les urnes funéraires du quartier de la ville basse. Elle rêvait des plages désertes en hiver où l’où voyait la marche empesée des éléphants du Golfe du Bengale et des sanctuaires proches des sources de mezcal où les gosses aimaient jouer aux osselets. Et qui étaient nichés tout au fond d’une rue qu’elle ne connaissait pas. Des bâtisses très anciennes ayant l’air de se perdre dans la brume comme si elles cachaient des secrets très occultes. Et non loin il y avait des fast-food d’où les corbeaux s’arrangeaient à faire disparaître les victuailles abandonnées.