Le journal du fiel penchait pour une malédiction infligée en elle-même et pour elle-même plutôt que pour la débauche. La débauche pour une fin du monde que les mosaïques se cassant en deux par terre attestaient. Le journal du fiel quand les pigistes se demandaient s’ils allaient trouver quelqu’un pour creuser leur tombe ; car dans la vie il n’y avait que deux catégories, deux uniques penseurs : ceux qui ne font que creuser et ceux qui peuvent se permettre de faire creuser les autres, même si ce ne sont que des princes régnant sur une décharge.
Le journal du fiel, pour assener enfin les vérités qui font mal quand, après les grands coups de crosses, les villes et les îles qu’on finira bien par trouver un jour, se repeuplaient dès les premiers rayons de soleil. Ou lorsque Huysmans s’immiçait dans ce refuge où des Esseintes invoquait les grands esprits des péninsules bouddhistes… Mais le journal du fiel nous racontait aussi la condition des misérables pêcheurs, nous décrivait comment leurs crânes, branchés sur un circuit électrique en manque de puissance, idéalisaient le passé : ces temps jadis où dans leurs méandres psychédéliques ils percevaient toute la sensualité fausse, cette intrigante langueur adolescente dont les vagues accouchaient chaque jour…
