Démystifiée par les quelques mouvements du lustre d’un goût d’avant-guerre, l’eau des rivières aura un jour bienheureux un goût grunge : le goût du marasquin de Neptune, que les animatrices et les animateurs télé méprisent parce qu’ils peinent à le décrire, mais l’eau des rivières brille ce matin comme la surface d’un lac où des poignées de soleil vert ont été jetées accidentellement.
Mais on devra compter de nombreuses années lumières pour qu’elle nous entraîne dans sa danse endiablée ou dans sa folle tarentelle, pour qu’elle nous distrait un peu de nos sombres pensées avant de tremper nos lèvres dans ce verre de marasquin ; peut-être est-ce à cause de sa nature primitive ou qu’elle joue un drame contemporain. Une pièce de théâtre que la pluie, quand elle nous réapprend à être encore vivants, regrette probablement de ne pas l’avoir charmé davantage… alors je me rappelle de tout cet or et de tous ces diamants qu’on a retrouvé en fouillant le lit de ces rivières que son eau délirante croyait charrier d’une décharge sauvage…
