Tout l’aura et le poids d’obscurantisme asphyxiant de ces nouveaux excentriques apparaissaient brièvement sur Internet et après maintes mises à jour sur des sites spéciaux qui leur étaient consacrés, il ne restait dans notre mémoire que leurs visages solennels qui vous dévisageaient, leurs ombres qui vous suivaient partout.
J’étais déjà lessivé, avant même d’enquêter mais aux infos on mentionnait aussi la profanation d’une tombe à la mémoire de l’un de ces types tués lors d’un rallye. Je me rendis sur les lieux et ne vit qu’un tas de pierres surmonté d’une croix pour honorer le défunt, on racontait qu’on entendait la nuit, devant ce monticule, son fantôme pleurer. Ainsi je repartis à la tombée de la nuit en allumant ma loupiote aux lumières chatoyantes. Et après avoir quitté le motel, en laissant une page vide dans mon carnet à remplir concernant une course que je devais couvrir en tant que journaliste d’investigation, j’étais perdu dans une espèce de magma de pensées incompréhensibles… Mais peut-être se démêleraient-elles quand je serais de retour de cette virée, l’itinéraire suivant une rivière où s’écoulaient des substances chimiques et où s’étaient noyées tant de victimes, à refroidir même les braises les plus ardentes de tous ces bûchers que je voyais s’élever en m’éloignant de la rivière.
