Dans ce rêve où les rêveurs étaient tous interchangeables, le halo épaté de cette aventure onirique se maintenait à une température bien plus basse que ce caisson de cryogénisation où nous étions enfermés, ensemble pour rêver des mélodieuses katchinas, représentées par des points lumineux sur les écrans de tous ces ordinateurs…
Et qui permettait de concevoir le labyrinthe de notre rêve dont la seule issue, invisible, était masquée et d’où clignotaient des lumières d’un rouge vif, sans pour autant qu’on la décèle. Et c’était bien un rêve emboité dans un autre rêve puisque pour moi aussi, branché de toutes parts à ces étranges machines et avec des kyrielles d’intraveineuses de morphine et d’autres substances sédatives, j’étais en train de rêver ; les machines séquençaient des scènes érotiques toutes les vingt minutes, où le temps fragmenté par tout un tas d’univers kafkaïens était imaginé, conçu selon ses propres lois… et qui s’échangeaient des bizarreries toutes plus démentes que les autres : comme les fois où en rêvant, je cohabitais dans le jabot surnaturel d’un animal visqueux avec un inconnu. Et qui ne l’était pas tant que ça puisque je l’avais déjà croisé lors d’une danse dans la boue qu’une peuplade de Nouvelle-Guinée exécutait pour inciser le mal nous agitant tous…
