Poésie surréaliste NotesMat15

• •

Les Amants

Dans la chambre de la Joconde deux amants – ou deux cadavres dont le squelette était étrangement imbriqué l’un à l’autre – et sous les dômes byzantins quelques pétales de ciel blanc arrachés s’autosuggestionnant pour les préparatifs de leurs noces funèbres ; un lieu particulier où il y avait des lithographies de la Patagonie qu’un vague désir morbide attribuait aux pensées des fleurs migraineuses mais les possédés se frappaient la poitrine pour leur voler la vedette.

Et ces pétales de ciel blanc pommadés, arrachés tombaient encore davantage en pluie ou par saccades sur leur toison pubienne ; ainsi ils prouvaient que le pouvoir et l’argent ne permettaient rien d’autre que de stopper leur crachin, ce qui était déjà pas mal… Et les deux amants qui avaient été jadis des artistes indépendants ne semblaient pas en mesure de peindre cette fresque s’immisçant dans leurs pupilles sans que je trouve le temps de les imaginer ailleurs que dans une tauromachie à n’espérer rien d’autres que les pluies diluviennes en Patagonie. Et l’accumulation des dépôts de poussière s’accoutumant à tomber lorsque les deux amants jouaient leurs dernières marches funèbres…