Je suis le Dieu des porcs, démystifié par l’eau des rivières où brille ce matin une boue de saphir glacée ; mon micro-univers n’étant défini que de manière incertaine comme le goût du marasquin de Neptune…
Composé de milliers de cellules organisées interagissant entre elles, je suis moi-même une cellule contribuant au bon fonctionnement de l’ordre global, cet ordre que les animatrices et les animateurs télé méprisent parce qu’ils peinent à le décrire. Et quand le matin se lève, après la destruction totale de tous ces autres murs abîmés par le temps et malgré le passage des gens en goguette, je suis toujours le roi ou le dieu des porcs dans la grange, où l’on a jeté des poignées de soleil vert accidentellement. Mais on devra compter de nombreuses années lumières pour que je devienne ou redevienne ce sous-système d’un sous-système d’un sous-système. Intégré dans des réseaux structurés en perpétuel mouvement, que les écrins nacrés de perles ou tachetés de chewing-gum ont vu disparaître. Alors quand je renais, tout suffocant et blême, on me spécialise aussitôt dans une tâche que j’accomplis jour après jour, pour la bonne marche de l’ensemble et pour que la grange des boucs et des porcs ne puissent pas s’évanouir. Bien que leur présence fantomatique, fantasmagorique tout autant que phosphorescente, insolubiliserait le peuple tout entier me portant alors sur leur dos.
