Poésie surréaliste NotesMat15

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Le rêve interchangeable

Je ne savais plus trop où je me trouvais, je ne savais plus trop comment je m’étais retrouvé près la grande impératrice, je ne savais comment j’étais arrivé là. Mais il me semblait qu’il y avait toujours un espoir, une pâle lueur à réveiller ces rêveurs ; j’ai regardé l’ordinateur central, c’était une vieille machine pas avec des lignes en perpétuel mouvement ; des écrins nacrés ou tachetés de chewing-gum le supportaient, à ce moment les rêveurs ont vu disparaître leur rêve.

Alors que je renaissais en noble, la nidification des rêveurs blêmes prenait fin. Dans ce rêve où les rêveurs étaient tous interchangeables, le halo épaté de cette aventure onirique se maintenait à une température bien plus basse que ce caisson de cryogénisation où nous étions enfermés, ensemble. J’effleurais leurs mains et leurs visages, pour que les pluies diluviennes s’évanouissent, pour que les chagrins s’édulcorent avec les trous noirs, pour que le va-et-vient des poulies délurées, à se damner en remontant les berges, soient d’une couleur semblable au jaune canari de l’aube… Et pour que les cryptogrammes semblent suivre le mouvement des avant-gardistes de cette cité…