Poésie surréaliste NotesMat15

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Baudelaire

Les paupières

J’effleurais leurs mains et leurs visages, et leur étrange paupière s’ouvrit sur un œil rouge de type lapon. Dans ce rêve où les rêveurs étaient tous interchangeables, le halo épaté de cette aventure onirique se maintenait à une température bien plus basse que ce caisson de cryogénisation où nous étions enfermés, ensemble.

J’effleurais leurs mains et leurs visages, pour que les pluies diluviennes s’évanouissent, pour que les chagrins s’édulcorent avec les trous noirs, pour que le va-et-vient des poulies délurées, à se damner en remontant les berges, soient d’une couleur semblable au jaune canari de l’aube… Et pour que les cryptogrammes semblent suivre le mouvement des avant-gardistes de cette cité…

J’effleurais leurs mains et leurs visages, et leur étrange paupière s’ouvrit sur un œil rouge de type lapon et malgré le passage des gens en goguette, le roi ou le dieu des porcs s’étais mis à grincher dans la grange, où il y avait peut-être un envahissement d’iguanes furieux ou on avait jeté des poignées de soleil vert accidentellement. Mais on devra compter de nombreuses années lumières pour que je devienne ou redevienne ce sous-système d’un sous-système d’un sous-système. Intégrés dans des réseaux informatiques, les rêveurs s’étripaient pour gagner de l’oseille parce qu’ils voulaient atteindre l’atlantique, comme leurs anciens camarades de classe et détrôner l’âge d’or pour fumer du haschisch et dérouiller au karaté les nombrilistes de la ville de Cuzco ?
À Cuzco où le va-et-vient des poulies, à se damner en remontant les berges d’une couleur semblable au jaune canari de l’aube, semblait suivre le mouvement des avant-gardistes de cette cité… on aurait pu, pour sûr, anticipée cette panne des rouages mais on avait en notre possession les œufs d’un monstre engloutissant tous les ténèbres…