Poésie surréaliste NotesMat15

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Les sapins

Les sapins avaient des enfants qui ressemblaient étrangement à des trolls, leur descendance avait enflammé tous les univers ; ils avaient des poches sous les yeux à force de se faire du mauvais sang pour eux.

Les enfants trolls sautaient d’un ravin à l’autre comme des kangourous, et quand le jour revenait, ils se cachaient et devenaient des orfèvres, bricolant avec peu, avec quelques fils d’or pour que de sales bestioles tombent dans leur piège… Et pour que les banques continuent à transférer aux filles cloîtrées des informations contradictoires. Et dans leur miroir, elles voyaient très bien où leur travail d’orfèvreries allait aboutir, mais aussi des orages ayant la nécessité de s’ourdir avant de zébrer le ciel en confettis. Depuis, les sapins se méfiaient des stratus qui les avaient aidé à enfanter d’épiphaniques cocons ou de mystérieuses cathédrales, ils s’étaient habitués à allaiter les louves mais aussi à vaguement transmettre aux bouddhistes les vénérant, des vidéos où des bûcherons herculéens les déracinaient à la seule force de leurs bras.

Leurs enfants trolls avaient malgré tout pacifié la zone, leur terrain : une forêt où, en suivant des troupeaux de yacks, des Esprits orientaient leurs cours d’éducation sexuelle sur des sujets disparaissant aussitôt une fois qu’elle était habillée leur Reine. Et telle une rageuse vision qui aurait réussi à faire naître des graphismes aujourd’hui décrépits sur les murs, leur sainteté s’acharnait à chasser toute animalité en dehors ce micmac virtuel ou bien réel…