Poésie surréaliste NotesMat15

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L’implant

À Londres il y avait la représentation en tags sur des centaines de kilomètres d’un virus, de l’odyssée d’un virus ; le long du mur qui traversait d’abord les bordels et plongeait ensuite dans les profondeurs des ruelles de la ville basse, il y avait la mystérieuse esquisse de l’implant (cette idée suicidaire de sauter sur les rails) dessinée par des rêveurs qui pensaient s’agripper à l’ancienne version onirique.

L’ancienne version onirique qu’on suivait avec les ordinateurs et d’autres machines à cylindrer tous les rêves mais sur les écrans, l’enregistrement était de mauvaise qualité. L’image était brouillée, les visages étaient flous, seules les voix résonnaient dans un grésillement plus ou moins audible…

Toutefois on pouvait se vanter que la donne avait changé : à présent les rêveurs symbolistes, comme Arthur Rimbaud, ne se bornaient plus à vivre sagement dans ce monde uniforme et avaient incendié tous les sanctuaires pendant que les cieux et les échiquiers étaient zébrés de visions fantasmagoriques. Ils jouaient leur dernier va-tout de manière fulgurante avant qu’on les réveille et qu’ils se rendent compte de la puissance de leur imagination.

Dans cette dimension parallèle aussi, les chèvres et les boucs du diable rivalisaient avec les kangourous, sautant des abysses d’où les rêveurs avaient jeté l’intelligentsia du moment pour se venger des errances du passé. Ils avaient dressé des dômes byzantins avec leurs couleurs méditerranéennes qui étincelaient au loin.