Poésie surréaliste NotesMat15

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Les regrets des Saintes Icônes

Mon rôle étant de limiter l’extension permanente du chaos en maintenant la cohésion dans l’espace clos qui m’était assigné, j’avais une équipe de nabots. Des nains qui s’engluaient avant même d’atteindre le bout de la coursive où il y avait un bar et où le barman servait généreusement des alcools prohibés ; nous nous étions baignés ensemble, en réfléchissant un peu à comment on allait faire pour remettre de l’ordre. Car nous plongions dans une béatitude océanique avant même de voir les coupoles illuminées de Byzance…
De nombreuses années lumières passèrent pour qu’on devienne ou redevienne comme ces bonimenteurs, pour qu’on se perde aussi dans les dédales des réseaux informatiques, des rêveurs… Et dont les ancêtres généalogiques s’étripaient pour gagner de l’oseille parce qu’ils voulaient que le temps des conquérants se lève à nouveau.
Mais après la destruction totale de toutes ces icônes et de tous ces murs abîmés par le temps, on ne pouvait plus que régler la température de leur bain et, pour structurer un peu les choses, jeter un bégonia dans leur bain pour cacher leur affreux machin. En espérant qu’il fleurisse quand même et ne regrette pas d’avoir porté nos genèses comme sa semence jusque dans les méandres d’un lac dégorgeant des volutes d’or, d’ambres, ou d’encens !