La mer noire jeûnait, la mer noire s’emmaillottait de rochers dépassant à elle-seule l’idéologie de nos dirigeants ; son rêve d’aggraver nos crises d’adolescents, de consommateurs fous et d’accélérer le mouvement, nous attendant dans un cul-de-sac, était à l’origine de nombreuses intempéries.
La mer noire rêvait aussi de semer le trouble et de faire abdiquer le roi des poètes. La mer noire nous observait et elle observait aussi les fêtards qui ne voulaient pas lever l’interdiction des jeux comme jouer à touche-pipi, des devinettes… la mer noire s’accouplant avec ces mêmes devinettes et nos épineux dilemmes quand le matin se levait… puis toujours d’autres mers noires rongeaient les murs : ces murs, abîmés par le temps, ces murs dont on grattait le salpêtre afin de le transformer en oseille, et dont les distorsions en avaient vu bien des galions atteignant l’atlantique…
La mer noire accentuait, même si on l’ignorait, les effets du haschisch et nous marginalisait avec ses concepts de brèves aurores boréales ! Dans le coin, on se disait que la mer noire était la seule drogue de l’intellectualisme.
