C’est ce jour-là, je crois, que les souvenirs nécrosés se sont conformés aux exigences de l’intense désir destructeur de Shiva. C’est ce jour-là, il me semble, que les courtisanes nous ont lancé un clin d’œil, tandis que les épines et les pétales de ce ciel blanc rentraient au couvent.
C’est à ce moment-là uniquement que les pantins hédonistes de mon espèce n’espéraient plus rien d’autre qu’un désert de cendres à la place des univers où de toute façon on n’aurait cherché que des hydrocarbures ; des hédonistes qui maniaient l’art des grands orateurs et qui avaient semé dans les illusoires oasis les fleurs criantes de l’hydre. Et lorsque leurs limousines s’arrêtèrent devant l’auvent qui allait du hall du cinéma jusqu’à la chaussée, la béatitude océanique devenait dupe ; et avant même de voir les coupoles illuminées de Byzance, les derniers instants d’un tueur fou se reflétèrent dans notre petit bassin maintenant bordé d’une margelle de basalte et rempli d’encre !
