Poésie surréaliste NotesMat15

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Les embryons

Des embryons de psychés qui calcinent tout ce qu’il reste d’improductif ; autant dire qu’il n’en subsiste presque plus rien et peut-être qu’ainsi ce néant se grisera tout seul de l’avenir de ces embryons se développant et chauffant sous les coupoles illuminées, fiévreuses et brûlant d’un ardent désir de tout mettre en pièce ou à la bonne place…
Des coupoles que les flâneurs n’admirent même plus, tant ils ont l’impression que tous les jeux sont faits pour eux mais les embryons qu’on cultive, à l’inverse, ont cette soudaine intuition qu’ils ont la vie devant eux, que l’avenir de ce monde est étroitement lié aussi à ces clochards hantant pour l’instant les trottoirs sous les lampadaires ! Et en allongeant les effets de ces eaux-de-vie et de ces eaux-fortes à cette heure nuptiale, la lumière que les embryons croient filtrer, ne parait pas seulement blafarde mais à nue et sortant à découvert ; elle semble ébruiter jusque dans les moindres recoins des ruelles obscures cette rumeur de jacquerie qu’un interne en première année pourrait prendre pour la survivance de ce spectre – ce spectre de l’Ordre des Poètes.