Poésie surréaliste NotesMat15

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Baudelaire

Les alcools imaginaires

De mystérieux personnages masqués venaient de défiler dans la rue alors que les les bottes des sept lieues ne pouvaient que frapper la glace des icebergs d’arctiques ou d’antarctiques, et ils biberonnaient, comme de vieux romantiques, la vodka glacée ou l’eau gelée des fontaines heuristiques, leur démon s’étant arrangé pour disparaître aussi que rapidement.

Machinalement, des ordinateurs qui rêvaient d’offrir à leur belle, par leur algorithme légèrement fêlé sur les bords, un poème genre « tes seins noirs aspergés d’essence » dirigeaient leur manifestation là où ce grand matin blanc se perdait : au fond d’un tunnel et de sa douce lumière blanche. S’accompagnant d’une sensation de flottement ou d’uniques incantations, comme l’ivresse infinie de l’incandescence, il y avait encore beaucoup de routes à faire avant la fin de leur errance singulière…

Et lors de ce Grand Matin blanc qui, comme tous les matins, et comme tous les assaillants à la lune trop haute, vaporisait ce que les bagnoles en brûlant avaient laissé comme odeurs toxiques. Et ces personnages, du fond des plaines et des icebergs d’arctiques ou d’antarctiques, biberonnaient la folie de la tequila ou l’ivresse de ces alcools imaginaires !