Poésie surréaliste NotesMat15

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Dans mon rêve

On était dans mon rêve, et uniquement dans mon rêve, et bien trop loin des sources et des douces porcelaines quand cent fois déjà le soleil avait jailli.
On était dans mon rêve, et uniquement dans mon rêve, mais dans notre souterrain, l’obscurité se feutrait toujours d’une faible lumière crépusculaire, parfois kaki et d’autres fois uniquement verte comme ce thé au jasmin qu’une amie de Walton et de Larsen prenait chaque matin en se remémorant les jours où elle se défonçait la tête au crack sur le boulevard George Dawson.

Et on restait dans mon rêve pour le bien fondé des montres mécaniques unidirectionnelles qui recommençaient à tourner à l’envers, on était dans mes rêves et on était passé à côté de tant de guerres larvées, tant de bonnes manières qui se disputaient à Mandeville la précieuse faculté des embryons, des psychés…
Des Psychés qui calcinaient tout ce qu’il restait d’improductif ; autant dire qu’il n’en subsistait presque plus rien et peut-être qu’ainsi ce néant se griserait tout seul de l’avenir de ces embryons se développant et chauffant sous les coupoles illuminées, sous les lampadaires !

Et en vivant exclusivement dans mon rêve, et en allongeant les effets de ces eaux-de-vie et de ces eaux-fortes à cette heure nuptiale, la lumière que les embryons croyaient filtrer, ne paraissait pas seulement blafarde mais à nue et sortant à découvert ; elle semblait ébruiter, jusque dans les moindres recoins des ruelles obscures, cette rumeur (cette folle combinaison) sans malgré tout pressentir son apparition !