Poésie surréaliste NotesMat15

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Les oursins de Charles Baudelaire

Ma colonne vertébrale avait été colonisée par des embryons d’oursins ; et les abeilles humanoïdes en cirant l’intérieur de mes oreilles semblaient en totale concordance avec ma psyché… leur but étant de dangereusement déféquer sans jamais trouver de résistance dans ma cervelle et en se reflétant dans ces miroirs qui se calcinaient tout seuls, il y avait dans mon tube digestif tous ces homards du désert ne distinguant rien d’autre que tout ce qui doit rester improductif !
Autant dire que je ne pouvais plus que baver de la lave et je me disais que, s’il n’en subsistait presque plus rien de cette invasion quelque peu gênante, je veillerais à ce que ce néant se grise tout seul de l’avenir de ces embryons se développant et chauffant à présent dans mon larynx. Mais plus majestueusement qu’un capitaine de frégate voyant pour la première fois les coupoles illuminées de Byzance, ou les lampadaires londoniens, j’étais enfin guéri et même dans les bétonnières où jadis ces colonies d’oursins se reproduisaient, leur inexistence étayait uniquement des abysses sans fond maintenant ! Alors stupéfiés, ils retournaient hanter ces mauvaises eaux-de-vie, ces eaux-fortes n’ayant vraiment rien de sentimental à cette heure nuptiale, à ce moment où la lumière remédiait à leur désir de vengeance en leur proposant de devenir de légendaires Jeanne Duval, ces embryons croyant ainsi mieux toucher les paradis artificiels de Charles Baudelaire !