Poésie surréaliste NotesMat15

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Études exobiologistes

Tout d’abord des singes cobayes avec leur crâne sur lequel on a greffé des hélices. Puis une grande bibliothèque avec des écrans où l’on voit des pompons se cacher sous des jupes et ensuite la caméra s’attarde sur la cachette où l’on a rangé les venins des espèces les plus dangereuses de la galaxie cohabitant avec nous les humains.

On peut voir aussi des rayons de soleil tomber du haut d’un plafond en plâtre, décoré d’angelots dont la plus plus grande difficulté se résume à une façon de penser : fasciner pour mieux combler ses rayons solaires et inquisiteurs, et les rayonnages de l’immense bibliothèque qu’une double porte blindée protège de toutes sortes d’intrusion.

Et cette lourde porte, célébrée par quelques poètes médiocres et de passage, s’ouvre devant nous. Un dédale apparaît. Mais on peut discerner les titres de ces livres où la science tient davantage du maraboutage que de son côté pragmatique et anthropologique ; cependant les bouquins ont été écrits exclusivement par des scientifiques ; une sorte de clans de savants en tous genres s’extasiant sur les nombreuses études exobiologistes et s’étant tous attaqués au cas des ces étranges amphibiens dont on a réussi à récolter des fragments génétiques sur une lointaine planète.

Ce sont quand même de drôles de gens dont le langage ordurier ne se raconte que sur papier jaunissant et qu’un laquais m’a apporté ce matin à mon bureau… je rédige quelques notes sur leur férocité, leur vulgarité et leur dernière brutalité avant de lire le document, il ressemble à une étrange partition de musique et je sais déjà que je n’en tirerais rien, alors je sors.

Dans la rue, remontant lentement des barricades qui ont été monté il y a peu, je me dis qu’il s’agit encore de l’un de leurs nombreux avertissements à les prendre très au sérieux ; cependant, en suivant la ruelle du vieux pensionnaire de la Maison aux oiseaux, je constate que les passants ragent contre toute cette boue qui longe les barricades et qui ne facilite pas, non seulement les simples promenades, mais aussi toute sorte de périples oniriques. J’en conclus donc que le message n’a pas été très bien explicite.