Pour élever une tombe à la mémoire d’un élan tué trop rapidement, ou d’un cordon ombilical caché dans un triste pochon, il devrait tellement pleuvoir que le cadet de la famille du Petit Poucet perdu dans la forêt n’arrivera pas à franchir ces lignes et ces clôtures qu’un tas de pierres surmonté d’une croix jouxte, face à des monticules de terres noires.
Une pluviosité qui vivra en jaunissant quand les aubes navrantes auront beaucoup trop pleuré, quand il faudra prévoir de quitter cet avant-poste de la nature abandonné pour longtemps, pour bien trop longtemps ; et pour réaliser et transmettre son cycle de vie on écoutera le caquetage de l’eau, on humera aussi les fragrances des désinfectants que des hélices exorcisent en les vaporisant. Et pour qu’elles restent en feu pendant environ de nombreuses années lumières, le marasme de ces lieux de jadis reviendra avec ces monarques qui se prennent pour des maraudeurs ivres…
