Poésie surréaliste NotesMat15

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Le calme et la sérénité

Il y avait des pots de géranium sur les croisées, au dehors pendait du linge et des machines transféraient dans notre larynx le goût d’un chocolat incolore.

Il y avait des tubercules dans notre cerveau et dans le fleuve qui se jetait dans une sorte de poussière diaphane et dont les molécules attiédissaient l’air et il y avait aussi plus loin, dans les joncs, deux ivrognes se soutenant l’un l’autre, tout en disant des insultes rafraîchissantes et il y avait enfin le jazz des brutes résonnant dans les immenses minarets en marbre avec leurs salles de prière tellement larges qu’elles hébergeaient les sept-cent-soixante-dix-sept horizons suspendus !
Il y avait des benzodiazépines que des bouddhas mastiquaient, et leur calme et leur tranquillité dans le cerveau labyrinthique de ces bouddhas, un peu poivrots, étaient vieux de plusieurs millénaires…