Poésie surréaliste NotesMat15

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Le Grand Ouvrage des Siècles ésotériques

Même les plus brillantes étoiles filantes brûlaient dans le matin froid tandis que d’autres tuaient le temps en abandonnant les solstices de l’hiver…

Mais leur clarté dans les cieux s’étirait comme des raisonnements sans logique et pour la peine devenait cartésienne ; cette clarté cartésienne inspirait d’autres fantômes, lors de ces nombreuses années où nos mains ne tenaient même plus ce que les vagues, les ressacs avaient soulevé et révélé à marée basse… ou bien si peu qu’on devait se contenter de rentrer chez nous bredouille pour regarder un film de Kubrick.

Mais il y avait aussi des séries davantage psychédéliques qu’on matait lorsque les nuageux ou nébuleux hashtags, sans dureté et sans haine, nous incitaient à prendre des brouettes taxis ; ou ces voiturettes qui crissaient lentement sur le gravier et qui n’arrivaient jamais à destination, à savoir les yourtes où l’on avait prévu de se saouler tout l’été…. Pourtant, en me relevant d’une mauvaise gueule de bois qui s’était immiscé dans mon crâne, je longeais la Seine ou le Rhône, peut-être pour interroger les auspices de ces gens de divinité yin ou de spiritualité yang.

Et en consultant les présages de ces marabouts improvisés pour l’occasion, j’admirais en même temps les éclairs qui zébraient d’autres cieux et qui semblaient concorder avec les photographies en noir et blanc qu’on pouvait retrouver dans le Grand Ouvrage des Siècles ésotériques. Et bien sûr je l’avais lu de sa table des matières jusqu’à la dernière phrase, et parmi les kyrielles de détails permettant de décrire un exorcisme, j’avais appris que les techniques pour se désenvouter foisonnaient.

En ressortant dans la rue je pouvais constater que l’on pouvait retrouver sur les affiches publicitaires habituelles la technique la plus puissante et la plus ancestrale pour éloigner les démons… et même avec les annonces télévisées utilisant tout ce que les journalistes pisse-froid avaient pu observer depuis des lustres, le commun des mortels pouvait accéder à des connaissances fantasmagoriques et qui avaient été léguées par des bandes de colosses malfaisants dormant de nuit comme de jour sous des wagons-citernes !