Elle pouvait mettre en échec et mat en seulement un coup n’importe qui, comme si elle attendait et avait toujours attendu la nuit de l’occident et la sagesse de l’orient ; la nuit de l’occident et la sagesse de l’orient pour ferler enfin les voiles et déferler dans les campements des combattants, malgré leur défense Scandinave ou leur ouverture norvégienne, et provoquer sur l’échiquier, après le calme, le luxe, la volupté, la mort de la seule et unique laie qu’un des deux fous utilisait comme monture : cette femelle du sanglier et ses marcassins agonisaient tandis qu’elle racolait le roi et la tour ennemie pour mieux les faire chanceler par la suite…
Et avec la défense sicilienne, elle s’était introduite à l’endroit où le rêve et la réalité font exactement jonction et dessinent sur la chair des claies brûlantes ; et son roi venait se joindre, sans la dame, avec ce qu’il restait du chancre de ses idées, de ses pensées, de sa technique dépouillant son adversaire. Ce qui me fait dire qu’elle n’était pas vraiment d’ici mais pas davantage de Là-Bas, mais plutôt de cet Ailleurs zébré de cases noires et blanches, et que seules ses prophéties rendaient toutes stratégies adverses inutiles !
