Poésie surréaliste NotesMat15

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Le pressoir de Bacchus

Le pressoir de Bacchus pour faire choir des arbres des arômes faisandés mais aussi la représentation de Bacchus lui-même, le dieu de l’ivresse. Et pour prendre la chandelle en, se retrouvant sans la moindre transition sur la haute plate-forme des buildings, dans un terrible blizzard, de nouveau le dieu Bacchus en personne et pour qu’il invente une nouvelle sorte de savon, une collecte et une récolte de fruits exotiques étant ainsi décidées…

Et pour ramasser ce que la vigne a disséminé dans le parc aux pendus, d’autres couleurs chairs que donne ce vin, dont le moût se retrouve uniquement dans l’immédiat des codes d’accès au développement aussi bien photographique que cinématographique.

Le pressoir de Bacchus pour recouvrir les plages d’une substance semblable à l’éthanol et pour crapahuter dans la montagne, il y a, ici et là dans le jardin des curiosités de Bacchus et de la même couleur que le curaçao, un objet trouvé dans les fouilles archéologiques ; un objet qui pourrait bien être une faux, le cœur de Bacchus rafistolant nos sentiments en soumettant les plus spectaculaires événements à leur seule gloire ; le pressoir de Bacchus qui se situe à haute altitude, et qui fantasme sur les uniformes de la marine, avec ce désir et cette ivresse qui montent, et la garde impériale de Bacchus se regroupant ainsi devant la porte de son parc, alors que les jeunes Lolitas balancent le feston et l’ourlet.

Enfin le pressoir de Bacchus pour distiller autre chose que de l’oxygène, et pour saper les fondements spirituels de sa colère enivrante dont l’engrenage n’est qu’un prétexte pour chasser de jeunes filles innocentes ou les pendus cadavéreux ou leurs fantômes ou même nous sauver de l’extinction de masse ; le pressoir de Bacchus pour avoir le dernier mot et sa fatalité niaise, de celle qui fait tomber les potences ou de celle qui obéit aux lois de la couture borgne tandis que les pieds nus des condamnés foulent encore les raisins dans le pressoir de Bacchus !