Tandis que je lui lisais Demande à la Poussière, tous les deux nus sur le lit à baldaquin, les mosaïques du Dieu Océan se décomposaient en tombant en poussière dans le salon…
Était-ce ce début d’une catastrophique apocalypse ? Ou est-ce que les ennemis et les impies du dieu Océan allaient aussi écrouler ses statues et les colonnes d’or et d’ivoire de son sanctuaire pour mieux soutenir le ciel ? Ou bien sa variante plus moderne (une punition non pas divine ni païenne mais plutôt le résultat d’un crash informatique) qui avait pour mission d’informatiser et de scanner toutes les pages du bouquin de John Fante qu’on avait sagement caché au fond des abymes pour protéger le Dieu Océan ?
La seule réponse qui me venait en cette nuit chaude d’un jour sans lune, je pensais la soumettre aux rêveurs de cette soirée là que nos ordinateurs avaient commencé à comprendre et à analyser en bourdonnant d’une manière très insidieuse. Cet apprentissage ébauchant aussi les quintessences rimbaldiennes les plus folles pour que les mosaïques du Dieu des Océans soient minutieusement reconstituées. Malheureusement pour retrouver l’état d’origine des céramiques et des mosaïques du Dieu des Océans, on s’était tellement trompé dans nos calculs et notre entreprise de restauration que le Dieu des Océans nous plongea dans la fosse de ses gorets, déçu et depité par notre manque de professionnalisme !
