Poésie surréaliste NotesMat15

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Les joutes

Pour l’instant il n’y avait au centre de l’arène qu’un adversaire, malgré tout invisible et inconnu, et pour pimenter le combat, il y avait en bas, si on tombait des planches flasques, des murènes…

Pour l’instant, il n’y avait qu’un gladiateur qu’on avait bâillonné et qui avait abandonné déjà le combat. Pour l’instant il y avait celui qu’on appelait Charlie mais qui en réalité ne portait pas de nom, sciemment enveloppé de légendes et de mystères insondables… et pour l’instant seul dans le salon et bien refroidi parce que j’avais appris que le jour de paye ne tombait qu’une fois dans l’année, un Mardi Gras, je contais fleurette à un sanglier revêtu d’une toile de jute pour mieux l’éperonner par la suite ; et dans ce pays imaginaire, la bête, qui avait des cornes à courber même l’empyrée, fulminait tandis que repensais à cette étrange entreprise qui avait déclenché les hostilités en organisant ces rixes. Mais Charlie ne semblait pas s’en insurger, continuant à masser avec douceur le jabot de ces étranges oisillons qui, à l’heure de la bataille, allaient se planquer au sommet d’une tour de verre !