Poésie surréaliste NotesMat15

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Le bouquet de nerfs de Krishna

Krishna barbotait dans un bain de charbons bien chauds où ce bouquet de nerfs s’efforçait de désamorcer la vengeance de ses lamproies baignant avec elle, mais quelques versets d’un larron ou d’une chaîne cryptée auraient suffi à la secourir. Et ils étaient tous précisément cylindrés pour que les karatékas de nos entrepôts avivent dans ses yeux à jamais ouverts des reproches justifiés ou non.

Ce bouquet de nerfs qui suggérait aux tenanciers de bordel de recenser au jugé tout ce qui graffitait sur leurs murs, sur leurs portes, sur les visages ridés aussi des jazzmen vivant dans les jungles. Ce bouquet de nerfs jaugeant toutes les déesses pour mieux les détester par la suite, pour se nourrir davantage de leurs rimes déconcertantes et reporter indéfiniment la saison rouge quand nos machines asséneront la fin de leur entraide, quand nos paraboles capteront un signal distinctif venu de l’espace. Et à chaque fois que leur scène de Kâma-Sûtra attisera notre désir, ce bouquet de nerfs nous fera frémir aussi, étant le seul à proportionner la quantité des coups de semonces incandescents planqués dans les bustiers, mais aussi dans les ouvrages sacrés des lampistes.