Poésie surréaliste NotesMat15

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L’âme des chemins de traverse !

L’âme des forgerons qui se confessent en laissant un goût d’inaccompli, d’inachevé ; cet inachevé qui décèle les lames de fond et qui s’épure à mesure qu’on croit le décrypter.

L’âme des enquêteurs et des chantiers archéologiques où l’on ne chôme pas après avoir emprunté tout un tas de labyrinthes qui nous mènent à tous les marchés monopolistiques des œuvres d’art primitives puis aux latrines se déchargeant par un système de poulies ingénieux des courants d’air des nuits désertes.
L’âme reposée de ce monde, ou d’autres mondes dont les impressionnantes colonnes de marbre et d’ivoire ont été décriées par les dreadlocks ou les cyborgs de Katmandou. L’âme qui jadis débridait celle des poussins et des feux de bruyères et d’autres souches-mortes se contorsionnant maintenant sous l’effet de la chaleur. L’âme des chemins de traverse que nous avons toujours suivis avec des yeux de cadavres éveillés sans craindre de déformer les enseignements en pilotage automatique de ce troisième millénaire, de ce jazzman, de cette danse inouïe dans la boue…