Poésie surréaliste NotesMat15

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Les inquisiteurs de New-York

Je magouillais avec quelques inquisiteurs pour renverser l’ordre établi ; puis dans le miroir je voyais de mauvais présages comme des astéroïde visitant notre planète mais tant qu’on n’aurait pas trouvé de trésors sous les derricks où nos ouvriers chiquaient du tabac, je m’efforçais de continuer mes recherches. Et, en traversant une sorte de poussière diaphane qui ne lésinait pas à poivrer les grands pins de l’allée centrale, j’observais des réfugiés en camisole jouer aux jeux des convenances quand un genre d’Elfe euphorique grimpa jusqu’à notre acropole marbrée ; et dans ses bassins où s’étalait en long un soleil bizuté en laissant tomber sournoisement une nuit verte sur Las Vegas, je me souviens aussi qu’il y avait des nymphes à exorciser.

Un peu de terre rissolée éclatait en croûtes sur le bas-côté, ce bas-côté bizarroïde qui avait vu tant de cyborgs attaquer jadis nos sentinelles. Les palmiers faisaient une belle allée figée autour de la route et un brouillard dense qui ne se limitait pas à avaler les néons jaunes et bleus de la ville basse blanchissait des halos épatés dans l’atmosphère, aveuglants et menaçants… Ainsi, au milieu des champs d’où jaillissait doucement la pluie, les nuits amérindiennes, mon commando d’inquisiteurs n’avait plus qu’à amenuiser sa force, ou le retour des failles spatiales et intemporelles de la verte saison sur la Cinquième à New-York !