Par ses dons d’ubiquité le Vieux des Montagnes arpentait aussi bien la Cinquième Avenue de New-York que l’Allée des novateurs en Russie. Par ses dons d’ubiquité le Vieux des Montagnes plongeait tout aussi bien au fond des égouts que dans les lagons où seuls les crocodiles et les alligators aimaient traîner.
Par ses dons d’ubiquité il se noyait dans les abysses de la Fosse Noire mais aussi dans les récits des fantasmes new-yorkais, denrées rares ici-bas et tous ces gueux qui réclamaient leur gamelle de riz froid, l’enviaient. Puis l’âge venant, les ruelles sinueuses à New-York n’existant plus, les jeux pernicieux qui mélangeaient les excès et les désirs impériaux des révolutionnaires ne s’arrêtant même pas minuit passé, les apocalypses numériques et virtuelles n’ulcérant plus que les Autorités et les théoriciens des machines à écrire, sa force s’atténuait ainsi que l’ardeur des racines de gingembre qu’il avait arraché aux mains avides des mercenaires, après avoir consigné son très long périple dans son carnet de voyage.
