Poésie surréaliste NotesMat15

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Les sacs à main des sirènes

Des sacs à main de sirène où l’on ne retrouve jamais rien, et des ivresses qui, très succinctement malgré tout, sont un peu à l’ouest, des pays où l’on plagie tous les ouvrages sacrés lorsqu’ils se réveillent sous la pluie. Une pluie brûlante dont Zeus n’est pas entièrement responsable, et quand la nuit tombe enfin, des conteurs qui, à plusieurs reprises, évoquent les vieux réactionnaires dont nous ne savons d’eux rien, sinon qu’ils ont raison.

Puis ces danseuses de foire qui amassent le blé dans des contrées aussi occultes qu’obscures, et des déesses vénérées par des artistes qui se servent des fémurs cassés des morts pour en faire des flûtes, et une maldonne pour ces banques qui sont allés jusqu’à commercialiser sur les différentes plates-formes du e-commerce des plastrons qu’une simple épinglette des Dead Kennedys suffirait à rendre ridicule. 

Et les cinq ou six mannequins que le monde d’outre-tombe nous a caché, afin de pouvoir lire tranquillement les dernières pages des bibles érotiques où s’écrivent des quatre septembre se mariant en juin, et de la confiture exquise et exotique que seuls les présentateurs et les médias commentent sans amertume tout en la décriant.

Plus loin, en amont de la rivière où la fabrication du jean a empiré les choses, des elfes qui ont l’intention de se battre en procédant par ordres d’idées ; des elfes qui, en attendant la suite des carnages, s’inspirent des carnavals de ces lunes glacées. Il y a aussi, au sommet, un brasier que les danseuses de foire avec leurs mèches de cheveux mettant le feu à la Cinquième, ont détourné de sa fonction poétique, et les lambeaux de leurs robes qui se multiplient en tombant dans le vide sidéral à en donner la migraine aux fantasmagoriques chamanes de Sibérie ; et on apprend aussi à l’instant que leur animal de compagnie – un monstre qu’on appelle Charlie et qui a bien grandi – a commencé à coloniser les salles de bain en ivoire d’Athéna !