Poésie surréaliste NotesMat15

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Skinheads et Vénus de Laussel

Des cœurs qui battent ou qui se consument d’un remugle d’azalée, et le cormoran des limbes qui m’accompagne pour appeler mon nom ou juguler des émeutes qui se cloîtrent pour l’instant uniquement dans le brouillard… et un roi, lorsque, perdant son royaume et la vue, il s’approprie le territoire des animistes et leur mélange de calculs aussi savants que mensongers.

Puis ces photos où l’on distingue à peine sur le marbre d’une cheminée une bimbeloterie de fêtes foraines, mais aussi des figurines préhistoriques – plus tard j’ai appris qu’il s’agissait des Vénus de Laussel – qui sont censées représenter la fécondité. Elles crânent fièrement tandis qu’une dizaine de skinheads, après bien des orgies et après s’être empiffré à mort un peu comme dans le film La Grande Bouffe, posent en selfie avec une nymphette complètement nue ; leurs cerveaux qui étaient originellement toujours en alerte, craquète aujourd’hui sous l’effet brûlant d’alcools imaginaires et puisqu’ils envoient des messages comme des SOS, les Vénus de Laussel mènent pour eux la sainte quête du Graal dévalisant tout sur leur passage, ne laissant que le menu fretin.

Et tandis que je suis tranquillement en train de me servir un verre de vermouth, l’ordinateur scanne les documents de leur agrégation qu’ils ont dimensionné uniquement pour s’adjuger le cours, certes voué à l’effondrement mais aussi enveloppé du mystère des kamikazes, de la célèbre monnaie des Vénus de Laussel, ébruitant entre temps d’autres rumeurs…