Poésie surréaliste NotesMat15

• •

Les acrobates

Des bandes d’acrobates qui sourient et croient errer sans fin dans un tunnel où tous les gens qu’ils rencontrent, emboîtent leur pas tout en leur demandant de les analyser !

Quand ils se retournent là où je peux tous les voir et lorsqu’ils sont à l’affût, leur particularité se coupe de toutes réalités… ils suivent les rivières pourpres qui s’éloignent en coulant ou bien vagissent…

Et quand elle roule dans quelques jungles kafkaïennes et pour l’instant inexploitées, cette petite bande d’acrobates, ils dessaoulent enfin et se mettent à invoquer un Être singulier, un démon né des brumes ou sous ces océans d’eau ocreuse… et ils effacent à l’aide de tous les hallucinogènes imaginables et imaginaires leurs souvenirs pourtant déjà censurés et qui se minéralisent dans un terreau de grès noirs.

Et puis une douleur lancinante. Puis la nuit qui capitule. Et nous n’avons toujours pas compris son pouvoir inexorable ; cependant leurs nombreux sacs contenant un mélange de seigle et de froment qui ont été empilés là, un peu partout sur ce pont enjambant les kibboutz des fermiers et leur appartement, menacent d’effondrer le pont et ainsi le rêve, notre rêve commun, s’infiltre dans la psyché des aéronautes. Et de caboche en caboche des idées inexplicables de marées noires naissent et même des légendes urbaines, des énigmes policières qu’ils prennent plaisir à sacraliser…