J’avais commencé à lui lire le bouquin de John Fante, Demande à la poussière, tandis qu’elle se tenait droite devant elle, cette figurine d’un Bouddha l’interrogeant du regard.
Auparavant deux fous en side-car étaient passés dans notre rue et, à l’aide d’une application, on savait qu’ils aspiraient tous les deux à la vie éternelle, et moi, je n’avais jamais pu encadrer les fêlés des asiles psychiatriques, c’était donc avec une évidente défiance que j’avais enlevé sur l’application notre localisation afin qu’ils ne viennent pas nous trouver. D’autant plus que nous étions tous les deux nus, les seuls faisceaux de la lampe de chevet pour nous éclairer de sa lumière rouge ainsi que le livre de John Fante. Ses petits yeux méfiants apparaissaient seuls comme des points lumineux dans l’obscurité quand je ratais une ligne ou inventait une nouvelle intrigue pour lui apprendre comment sortir du cycle sans fin des naissances et des renaissances ; ce cycle des karmas qu’on aurait tout aussi bien pu découvrir en lisant des tonnes d’encyclopédies.
Je continuais à lui lire Demande à la poussière mais j’étais bientôt au dernier chapitre et minuit n’avait pas encore sonné, alors je lui proposai de mettre un disque de Kurt Cobain mais placide, elle me disait de me concentrer, d’avoir une concentration digne d’un laser, et je sûs à ce moment là que les couleurs en or et en rouge de l’été indien, de l’automne, n’étaient rien d’autre que des fantasmes n’existant pas en réalité !
