Les vers grouillaient et ensemble, bénéficiant d’une conscience unique et hallucinatoire, ils exploraient, tombant les uns après les autres, ce qu’on appelle un « fond de cuve » et le grand univers semblait s’harmoniser et leur proposer un instantané que l’outrage du temps ne pouvait atteindre.
Jouant leur va-tout, il y avait aussi les langoureux amis de la poésie ne comprenant pas comment les mots pouvaient toucher à un point tel que l’univers s’effaçait pour donner naissance à des noces funèbres. Lors de ces noces, qu’on qualifiait dans les galeries d’orphiques, ils bidouillaient des trucs pour ouvrir des portes qui n’étaient pourtant pas fermées à proprement parler.
Et leur responsabilité dans cette histoire de voleurs de feu prométhéen n’était pas sans rappeler le périple rimbaldien car ils étaient encore au stade où ils falsifiaient les devinettes des voyants d’un marché de la poésie à Paris. Alors, sur les conseils de Marie-Ève, nous entreprîmes d’arracher leurs publicités agressives courant sur des milliers de kilomètres de murs, et ainsi les yeux de leurs sept-cents-soixante-dix-sept filles nous dévisageant, se révulsaient pour donner un blanc laiteux…
