Poésie surréaliste NotesMat15

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Jaunisse et Fièvre Jaune

Aujourd’hui l’au-delà était jaune. Et là-haut d’un jaune d’œuf et je rentrais avec les cendres des Vénus de Laussel qui avaient trouvé enfin ce qu’elles cherchaient…

En attendant de reconquérir le néant ou l’univers qui foisonnait d’un rien, l’infini, aussi, était jaune et c’était ce j’avais appris lorsque j’étais passé d’élève timide à un caïd s’assoyant sans façon sur le banc des écoles occultes.

Cette nuit aussi était jaune et sur le dos des mygales géantes on pouvait mater les seins de la grande papesse ou de la grande prêtresse et ainsi le soleil s’inclinait et en avait fait fantasmer plus d’un. À commencer par les hyènes et les molochs qu’on entendait depuis les profondeurs mais pourquoi s’acharnaient-ils en vain à démonter les lattes de notre plancher, à salir nos persiennes avec leurs affichages primitifs alors que, bien caparaçonnés comme des médecins en temps de peste, nous allions finir bientôt par mordre cette poussière désinvolte ?