Au paradis des pleines nuits blanches, il y avait ces affichettes des Pixies et des Clash et des photos de teckels sur les murs du bureau de travail de Dieu le Père…
Et où l’on pouvait voir des créatures dociles et décérébrées magouiller, plongées dans une quasi-obscurité, afin d’avancer le temps, inexorable pourtant. Et là, dans cet Éden, pour moins d’un penny, on pouvait débrayer de vieilles bécanes et même au comptant s’offrir un univers de drogues larmoyantes, désopilantes, criantes ou affriolantes, ce qui nous débectait avant même de se goberger un peu en écoutant la voix des autres dieux.
Et pendant que d’autres attrape-nigauds étaient commercialisés ainsi que d’autres substances à avilir même un chow-chow, Lolita, qui avait monté aux cieux, exhalait une étrange odeur, chaude et humide. Et d’autres fois de bergamote, tandis qu’elle se présentait devant la réceptionniste qui avait un bureau ovale et en ivoire ; et cette nuit-là la pleine lune était aussi énorme que Jupiter, et éclairait quelques affichettes où l’on voyait la tronche de rats des politiciens, à s’en rembrunir au point qu’on avait égorgé tous les gallinacés de nos marais salins…
