J’avais partagé beaucoup avec cette fille lorsqu’une vidéo de son dépucelage avec des bergers allemands et des rottweilers fut envoyée sur mon mur Facebook. Et pendant que les molosses s’acharnaient sur elle, je remarquai du psoriasis au niveau de sa chatte, ce qui m’acheva.
Malgré cela, elle restait une grande poétesse et je ne manquais pas de commenter chaleureusement chacun de ses poèmes ; faut dire que je n’avais pas chômé en corrigeant sa pile d’essais sur l’art poétique pendant notre ermitage et j’avais passé tout l’été à chercher un dessinateur pour accompagner sa prose. Et à l’automne, un rendez-vous fut pris avec Gotlib et pendant que Sophie regardait rêveusement la pluie tomber des chéneaux, je me concentrais sur ce qu’il disait, et pour savoir si on serait exempté d’une surfacturation. C’était le début d’une sinistre collaboration pourtant ; mais pour l’instant, je ne savais pas encore qu’il s’acoquinait avec Sophie, et qu’il allait causer sa perte.
Mais après avoir visionné l’éprouvante vidéo où elle ouvrait les cuisses, dans des positions équivoques, j’avais beaucoup de mal à me décider, entre prendre du cyanure ou me reclure dans un cottage loin de tout… Puis plus tard, en démoulant un cake, ce qui nécessitait du temps, un temps infini, j’appris que son pronostic vital était engagé : elle avait essayé de soutirer à son dealer amant au moins quelques centaines de louis d’or et de napoléons qu’il réservait pour s’offrir un ordinateur, d’une technologie de pointe, et il l’avait battu à mort ; une vulgaire raclée l’envoyant chez les anges dont les quolibets l’avaient poussé à aller plutôt dans les profondeurs où Satan exploitait ses damnés…
Au grand dam de son père, Donald Trump et de sa mère Marine Le Pen, Sophie était maintenant descendue en Enfers et plus personne ne pouvait la blâmer, là où la chaleur des flammes et des braises faisaient fondre l’esprit des âmes dont la pédérastie les possédait, et qu’elle étudiait consciencieusement en les matant depuis leurs piloris. Et je me demande encore aujourd’hui si ces parents politiciens chieraient dans leur couche-culotte en se terrant dans une tanière de rongeurs quand la vengeance de Sophie s’abattrait indifféremment sur eux.
Les passades répétitives de Sophie en avaient fait fantasmer plus d’un, à commencer par ces démons de l’enfer dont la rivalité farouche plaisait à Sophie ; et de sa vie d’avant, elle se souvenait qu’à force de désobéir à son père et à sa mère qui s’acharnaient sur elle, autrefois quand elle était encore vivante, elle avait les fesses rouges comme des rosbifs saignants après bien des fessées, des claques, et autres brimades et humiliations…
Deuxième partie : l’héritage de Sophie
Lorsqu’elle ouvrit le carton du lot numéro cinq, qu’elle venait d’acheter à la vente aux enchères sans en connaître le contenu, Angela découvrit avec surprise deux anciens portefeuilles en crocodile avec fermoirs en laiton, un carnet en cuir usagé, rempli de notes écrites en langue étrangère et une bouteille de vin rouge millésimé dont l’étiquette avait beaucoup souffert.
Aussitôt elle imagina la vie de leur ancien propriétaire. À cette heure là, tout le monde dormait à poing fermé. Et tout en essayant de comprendre ce qu’il y avait écrit dans ce vieux carnet, elle entendait seulement des oiseaux clabaudeurs déféquer et leurs fientes qu’elle regardait rêveusement tomber comme la pluie semblaient affrioler les chéneaux en haut de son immeuble.
Puis elle remarqua le verre opaque de la bouteille de vin rouge se refléter dans le miroir de son salon et soudain l’étiquette se calcina toute seule, comme par un enchantement…
