Poésie surréaliste NotesMat15

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Les nouvelles recrues

Il y avait encore, si on voulait abandonner la partie, dans le silence des abîmes, ce jeu ou plutôt cette corvée à savoir de deviner, instinctivement, quel monstre au cou extensible allait naître sur l’autre rive et on avait toujours froid à les attendre.

Mais on savait maintenant que le soleil allait se détourner des autres mondes et bientôt nous éclairer. Et pour notre prison où les joutes entre enfants plus ou moins bien portants, plus ou moins flatulents, elle est davantage dans notre esprit et je sais aussi que les neuf-cents-quatre-vingt-dix-neuf portes ne vont pas tarder de s’ouvrir.

Déjà les kyrielles de fiacres qui glissent le long d’Elsinore Lane, nous rapprochent des mondes qui viennent d’être enfantés.J’ai appris aussi, quand la lune sera géante, très basse, qu’il y a peu après l’adoption de tous ces enfants, de tous ces jumeaux qui n’ont jamais été aimés ni désirés, les manuscrits et les traités de leur anatomie, prophétisant déjà leur retour, et je pense que tout ça pour accélérer le flot de notre pensée étrange, tout ce qui peut leur permettre d’installer un nichoir où l’on benne les différentes mues de notre peau de crocodile, ne pourrait être autrement mais uniquement tel que ça devrait être.