J’imaginais une femme. Elle était grande, cambrée, pas du tout nue mais parée de telle sorte que sa poitrine, son ventre, son sexe, sa croupe fussent luxueusement perceptibles sous un voile mince et tendu, sans un pli, épousant à merveille l’opulence des formes.
Avec l’épicurisme inapproprié et inadapté que je lui connusse elle appréhendait sa prochaine liquéfaction comme d’autres appréhende de recommencer leur job le lundi… mais elle avait inventé un jeu : chevaucher les lionnes en sautant des lianes et foutre les jetons à l’approche de minuit de tous ces gens voulant perquisitionner notre maison. Et ce matin l’air était surchargé des mauvaises ondes des buanderies et il y avait d’abord ce désastre qui avait scandalisé les fins limiers… et lorsqu’on découvrit après un duel à l’épée entre malandrins ayant auparavant fouillé notre coffre-fort, la belle pagaille dans notre pagode, elle s’habilla tout simplement dans son jardin d’hiver… alors que, portée par la brise, la senteur d’un olivier odorant lui avait fait tourner la tête du côté de ces deux tableaux que la diablerie de l’artiste les avait dépigmenté de leurs vraies plumes de perroquet collées à même la toile !
