Poésie surréaliste NotesMat15

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Fortune et infortune !

« Une bonne ou une mauvaise fortune sur un canapé, gris clair, avec cinq ou six coussins à la mode anglaise, le chic cosy des Windsor puis quelques lunes rouges plus tard, par la trappe d’un égout d’où un réverbère jette une lumière pâle, la première chose qu’on remarque est cette vieille voiture garée près d’un chantier.

Une bonne ou une mauvaise fortune lorsque des clés cliquettent et fendent ce silence absolu ; une bonne ou une mauvaise fortune afin que l’on puisse se vêtir d’une longue tunique faite en lin, descendant jusqu’aux chevilles et enserrant notre tête dans une cagoule, et une bonne ou une mauvaise fortune pour faire jaillir une seule et même idée !

Et une bonne ou une mauvaise fortune, en son for à moitié opérationnel, pour reconnaitre la fourche du diable ou tout simplement sa paroisse.

Un canapé où j’ai pris l’habitude de rouiller et un abonnement à une toute aussi sombre paroisse afin de vivoter intellectuellement et extérieurement. 

Et je songe à tout cela uniquement quand s’effondrent quelques pans de ce mur végétal (qui est à l’extérieur de la bâtisse et que des générations inconnues de cartes mères et de circuits électroniques pilotés à distance ont crépi et surchargé de composants ne fonctionnant qu’au nom d’un programme informatique d’une envergure presque spatiale pour mieux nous espionner) ; et pendant une bonne vingtaine de minutes, une autre et bonne fortune après le vacarme qui s’ensuit, et qui a le mérite de péricliter le système.