J’aimais fureter, en chinant dans les brocantes, octroyant mon temps à dénicher des chiens en plâtre d’un courant plutôt dadaïste, des toiles aux goûts désastreux et douteux à enlaidir encore plus, représentant des nymphes se languissant en attendant leur prince charmant et même de grandes photos où l’on voyait John Wayne à la nuit tombante frissonner entre une plage et un port…
J’aimais aussi bizuter de futurs marionnettistes et dont la vaissellerie portait sur tous les objets la croix gammée mais je détestais ces moments quand ma tête ne recensait que d’immémoriale frustration ou lorsque les soufis du coin nous laissaient en déshérence un territoire pourtant si fécond qu’il semblait s’apparenter à l’empire de César. Ou aux cités ténébreuses qui s’étaient risquées pourtant à affrioler le roi des Vikings. Et, sans même éteindre tous ces papiers qu’on avait brûlé, en se lassant de les classer, de les trier en quête d’une idée de périple et pour ne pas nous faire repérer la nuit avec le bûcher. Car, nous étions tous givrés et pour ne pas craindre le ridicule ni les menaces qui pesaient sur nos forteresses, on se contentait de parfaire de vains travaux comme de déprogrammer les ordinateurs ennemis, laissant après le bug, des parfums de camphre dans leurs souterrains !
