Poésie surréaliste NotesMat15

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Gouffres ascensionnels et rêves douteux

Pour que les ombres fusionnent avec ce soleil de minuit presque blanc et pour qu’on soit singulièrement riche, les six-cent-soixante-six mondes que je connaissais bien jadis avaient disparu, ou s’étaient aventurés trop longtemps dans un dédale où l’on fabriquait du savon.

Pour qu’on soit bien au chaud dans notre terrier, drogués en permanence sous les lueurs de la lune qui s’était retiré, et pour ne pas se faire avaler par les trous noirs et le virtuel, des gouffres ascensionnels s’étaient effondrés, la soirée débutant et laissant les lits de tout notre groupe d’amis constamment vides.

Enfin pour qu’on dessine sur une grande table de bois l’ébauche idéale d’un temple où les messes noires n’étaient que la somme de tout ce qui avait commencé et pour qu’on cuve dès le petit matin, on énumérait les différentes étapes pour tisser cette robe de couture et on ne pouvait plus voir ainsi s’agiter dans la pénombre de nos chambres les ombres effarées, elles-aussi perdues dans un rêve douteux.