Poésie surréaliste NotesMat15

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Squatters et veuves éperdues

Des squatters qui ont lancé avec moi la mode des jeux fantasmagoriques et des Béotiens retrouvant illico une quelconque minette pour y éponger leurs noirceurs.

Des femmes inconnues s’en servent pour la comparer avec ma noirceur au prix de quelques pratiques bestiales d’usage, et il y a aussi, plus ou moins, des pionniers qui cherchent des saphirs ou de curieuses et distrayantes dispositions d’esprit parmi les nymphes. Puis des allées et des taillis surélevés qu’on ne discerne qu’à peine et des cavernes, où, en errant souvent dans l’obscurité, on parvient jusqu’aux squares près du centre Loctudy.

Une cellule lyonnaise qui a connu la stupeur du 11 septembre chapeaute évidemment celle de Berlin et il reste malheureusement encore une rangée de pions sur mon échiquier mais qui est réduite à la portion congrue ; et dans les tas de foins et les herbes vivaces un dératiseur allemand depuis longtemps disparu se cache, craignant une énième attaque de mon valet ou de mon fou : en tout cas l’un de mes fidèles serviteurs se servant des armes mis à disposition par d’autres ardents féaux…

Et pour les pions et pour stimuler leurs cinq ou six neurones dans leur cerveau je choisis l’ouvrage des catins perdues et affolées, et celles-ci mettent alors un terme à leur nouveau contrat, à cause de certains chapitres où il y a des tests mathématiques et des QCM métaphysiques ainsi que les comptes rendus des entretiens avec nos deux seuls survivants. Les fêtes païennes, même si c’est du menu fretin, peuvent alors commencer comme si elles avaient attendu le ras-le-bol de toutes ces pièces sur l’échiquier.

Après bien des lunes rouges et des éclipses il y a encore des gens qui s’entendent et qui ravivent ce qu’il y a dans les fournaises et la chaleur de ces lieux fait tomber leurs frusques ; ce qui n’est pas négligeable pour s’aventurer là même si ils pensent que le sort s’acharne uniquement sur nos veuves éperdues…