La rage sommeillait sous un tas de grenouilles, mortes à l’ère de l’hégire, la rage sommeillait et les moteurs étaient à l’arrêt, ses fleurs s’étaient développées dans le grenier, et dans le désert leurs larmes blanches étaient distillées pour en faire des baumes.
Les nuits avaient rendu les armes et leurs larmes étaient utilisées comme huiles essentielles pour chiens qui aboient et qui mordent ; les jours quant à eux s’eclaircissaient pour faire couler le sang grenade de Clara Luciani. Les silences lactescents avaient pour origine ces vides immenses qui semblaient s’harmoniser uniquement quand les pieds nus de Cassandre étaient au-dessus de la boite à gant.
Les longs alignements d’arbres morts contemplaient la pluie s’abattre sur la carcasse des voitures. Les autres mondes se moquaient de tous ces cirques où l’on s’était échappé, loin de tout ce bestiaire fantasmagorique, et j’imaginais pour chaque univers, chaque refuge d’autres légendes affirmant la place du feu et des vignes courant sur des pentes bien trop occupées à faire ruisseler des pluies diluviennes !
