Après les vidéos undergrounds dans le boudoir, les têtards sous les lavabos nous suggéraient des frasques débonnaires. De la couleur de la grenade, le képhir que les bâtards nous servaient, avait déjà blobloté au thermostat. Mais ils continuaient de tatillonner pour des histoires de cabale tout en épluchant les fioritures des nouvelles locales…
Dans leurs grands jerricanes bleus prenant la poussière il y avait aussi des appendices vermiculaires. Et quand j’ai levé les yeux de l’ordinateur j’ai vu qu’ils s’opiniâtraient, un bloc-notes en équilibre sur les genoux, à écrire tout ce que la couleur ambre à l’intérieur des jerricanes leur inspirait. Et chacun y allait de son pronostic : certains ne reculant pas pour déclarer qu’on pouvait associer à leur formol un liquide amniotique afin que leur rachis puisse à nouveau se développer, d’autres nous flanquaient la trouille en démontrant que si on les laissait se faire phagocyter par des bactéries de chenilles processionnaires, ils se révéleraient très utiles pour l’invention d’un nouveau virus…
Le lendemain tôt devant mon café, hirsute et tignasse en bataille, je schématisais déjà dans ma tête des dizaines de vieilles histoires, affreuses pour la plupart, mais quelques-unes suppliaient qu’on les termine. Un flash prémonitoire me fit redouter la présentation PowerPoint allant arriver ce matin mais je pensai à la soubrette carburant au rhum et aux détails de sa nuisette, ce qui ne tarda pas à me calmer. Un corps pour jouir et pour se moquer du tiers comme du quart.
La nuit. La nuit et le froid. Alors que nous crapahutions au sommet d’un palais épiscopale et qu’on était trempés, nous étions tombés sur ce tribun d’Ivan le Terrible nous interdisant d’aller plus loin. Bien sûr on avait rechigné jusqu’à que ses plaintes aient noyé toute capacité de le raisonner. Et en redescendant je commençais à dégriser tout en matant l’obscurité parfois évanescente, d’autres fois homérique : car l’on était encore qu’au début de notre périple nous challengeant pour qu’on ne se cantonne pas à juste revenir hagard de cette longue croisade, mais aussi à nous venger des sévices d’Ivan le Terrible, responsable de tous nos déboires…
Avec nos complices latino-américains, on avait préparé un plan et Thompson qui avait renoncé à l’idée de venir pour faire bouger les choses, lui, se préparait à un voyage dans le temps.
