Poésie surréaliste NotesMat15

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John Keats et les méandres du charnier

Pour laisser la place à des remous de corps décharnés emmêlés, je sens ma raison vaciller. De ce charnier informe qui remue pendant que les vers du poète anglais John Keats tournent dans le disque dur, je me prépare mentalement pour un voyage à Johannesburg, et les karts ainsi se faufilent dans ces ruelles où tant d’attentats ont eu lieu.

À Londres, pour faire blêmir les champs du Kansas et les cours boursiers lors de toutes ces époques contemporaines, je me débats pour faire revenir à la vie Kadhafi, et aussitôt à Prague dans la ville où Kafka est né, leurs genèses aux origines douteuses s’affichent sur l’écran de mon ordinateur…

En Judée, les oriflammes s’enflamment alors que les murs se mettent à palpiter et à remuer de vie, je me prends à leur jeu, alors que les elfes difformes sussurrent à l’oreille de mes patients léthargiques. Du fond des âges ces murs anciens se mettent à palpiter et à faire remuer les ancêtres emmurés pour couvrir les austères délibérations des prédicateurs qui jamais ne les jaugent. Question de savoir vivre que les dandys supposent être de bonnes fois. Mais aussi parfois de mauvaises fois quand ils sont amenés à sortir un jour de leur geôle universellement en manque de chaleur ardente comme de froid polaire. Et lorsque les arches au-dessus de nous telles des grandes voûtes stellaires se rétractent, comme attisées par un brasier où l’on ne distingue plus que leurs reptations infâmes, les ombres déclinent et nous offrent le spectacle morbide de leurs bras amputés et de leurs membres ressemblant anormalement à des moignons, conformes à l’idée qu’on s’en fait ; ainsi les arrogantes gargouilles qui affleurent à peine des voûtes, ainsi que tout ce que j’entends des voix venues soudain du lointain de l’Espace, cessent de nous empoisonner avec leurs sangsues, et leurs salives sales et propres à rien, sinon à mastiquer l’air des mégalopoles. Je laisse donc tomber car je n’ai que faire de leur organisme malades et de leurs proches parents ; défunts qui nous entourent sans jamais crier même à la moindre résurrection !