Poésie surréaliste NotesMat15

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Les naïades

Ses naïades du crématorium voisin étaient nées parmi un amas de trésor que même les déclarations d’amour les plus précieuses ne s’aviseraient pas de rivaliser.
Des tonnes d’or, de diamants et de lapis-lazuli volées sûrement dans un haut-lieu de débauche, pendant des soirées d’équinoxe où tout le monde dormait.

Et tout en essayant de comprendre ce qu’il y avait écrit dans mon vieux carnet, elles entendaient des oiseaux clabaudeurs déféquer sur des rondins nus et leurs ailes onduler avant de déclencher un ouragan, ou tout simplement une rafale…
Et qu’elles regardaient rêveusement comme cette pluie semblant affrioler les chéneaux en haut de mon immeuble ; et moi rabrouant toutes ces geishas en kimono quant à leurs techniques pour rationaliser les scandales retentissants, je décelais, comme si elles m’avaient leurré depuis le début, qu’elles étaient à l’origine de ce délire perdurant bien après la saison rouge !