13.
Pendant qu’elle clignait des yeux, le couchant s’immisçait sous notre coupole. Et pendant qu’un peintre du coin immortalisait ce moment, il jaunissait ce soleil, synchrone avec tous ceux qui méditaient. Et il se confondait avec un ancien chagrin se transformant en une douce joie attendrie.
Entièrement nue, l’impudique Sabine en disgrâce manipulait à tâtons dans le noir un couteau pour éventrer un énorme sac d’aliments pour chien. Repartie sur des échasses invisibles, elle s’était avisée de nous tromper sur la camelote… et dans nos rêveries, les bourrasques avaient quelque chose de secret et on entendait un ocarina tout en inversant le temps. La tragédie pouvait commencer, puis être larguée par une tonitruante profusion de vagissement et de geignements comme une bonne blague d’octopode. Il y avait là une aspiration à reprendre contenance après avoir soutenu l’unique question, celle de savoir si oui ou non on devait être ivre en se réveillant de l’autre côté du canal.
