L’aube point, le paysage est vide.
Ainsi, est née, dans les pupilles hypertrophiées des hordes mongoles qui hantent ces steppes, un désir de renouveau, à la recherche d’autres territoires à conquérir. Une chaussée s’étire au-dessus du lac sur un pont de granite argenté.
Plus loin, un temple luit, évoquant un pâle reflet sur l’eau. Des prières s’élèvent du temple tandis que la lumière de ce soleil d’automne tombe, pure et immobile.
Les bruits de la ville se sont estompés, le silence intensifie la vacuité. C’est l’extraordinaire retour d’une cérémonie oubliée : le lac artificiel, le temple, le pont, sonnent le prélude d’une rude épreuve avant de gravir et de tomber de nombreuses fois au coeur d’un piège hérissé de nombreuses montagnes. La verticale du vide.
Ce château imprenable instille une molle confusion dans l’esprit. Quelque part devant moi dans la forêt, parmi les cyprès millénaires, les loups, jugés indésirables, essaient en vain de corrompre les présages prudents de nos esthètes religieux.
